Présentation de la compagnie

La compagnie est fondée en 2012 par Sara Llorca (metteure en scène et comédienne) et Charles Vitez (architecte et scénographe). Elle naît d’une solide collaboration artistique riche de plusieurs années : ensemble, ils avaient déjà monté Tambours dans la nuit de Brecht (2007) puis Les Deux nobles cousins de Shakespeare et Fletcher (2009), et Théâtre à la campagne de David Lescot (2011-2012). Sara Llorca dirige depuis 2012 la Compagnie du Hasard Objectif, qui produit ses créations.

 

Avec 4.48 Psychose de Sarah Kane (2013-2016) puis Les Bacchantes d’Euripide (2017-2018) se nouent des partenariats artistiques et professionnels fondamentaux. La compagnie est notamment accompagnée par ARCADI, et soutenue par la DRAC IDF. Sara Llorca est nommée artiste associée à La Manufacture (CDN Nancy-Lorraine) pour la saison 17-18. Le spectacle Les Bacchantes est créé au Théâtre 71 (Scène nationale de Malakoff) et tourne dans le réseau CDN, Scènes nationales et Théâtres de ville. En 2020, La Terre se révolte est créé au Théâtre des Bernardines (Marseille), avec le support en coproduction de la MC93-scène nationale de seine-Saint-Denis (Bobigny), Les Théâtres Aix-Marseille, la MC2:Grenoble, Les Célestins (Lyon) et Le Pont des Arts (Cesson-Sévigné). Sara Llorca est par ailleurs la marraine de la promotion 2020 de l'ESAD Paris, et crée dans ce cadre Dom Juan Remix au Théâtre de la Cité Internationale (Paris).

La compagnie, forte d’environ 160 représentations depuis sa création est aujourd’hui en plein essor. 

 

Sara Llorca pétrit son théâtre depuis dix ans, entre verbe, musique et corps en mouvement.

Le Hasard objectif [1] est une formule inventée par André Breton dans les années 1930 pour exprimer un procédé créatif utilisé par les Surréalistes : à partir d'un geste intuitif, l'artiste bâtit consciemment un objet artistique. Cette méthode implique l’improvisation et le montage-collage, le but étant de provoquer une émotion forte chez le spectateur qui se trouve ainsi dérouté par un mélange des formes. Sara Llorca pratique, au plateau, une méthode basée sur l’improvisation, la montée en énergie. L'interprète transforme à vue son aire de jeu, dans l’idée d’un théâtre dans le théâtre.

 

Elle travaille sur la question du lâcher-prise dans l’art et développe un projet qui s’intéresse particulièrement à la question de la folie dans la société, de la marginalité et de ses bornes, de l’étrangeté. L’acteur, le danseur et le musicien sont au coeur du théâtre qu’elle développe : chacune des mises en scène engage un dialogue organique et sensuel entre les arts pour capter l’essence de notre humanité. La musique, omniprésente dans les spectacles, est tantôt jouée live tantôt sous forme de bande son. Quoi qu’il en soit, elle est conçue comme un personnage de l’histoire. La basse y tient une place prépondérante : elle fait groover les corps, les accompagne vers la transe, l’extase. Elle raconte l’indicible, fait le lien entre théâtre et danse.


D’une création à l’autre, le fou prend les traits de Dionysos, d’une femme, d’un homme, d’un être rongé par l’amour ou par la mélancolie... Quel qu'il soit, le fou est proche de l’acteur en état de « lâcher-prise ». L’acteur comme le fou renvoie une étrange image de lui-même. L'écart qui existe entre ce que nous connaissons de nous-mêmes et ce que l’Autre (le fou) révèle, fait naître des émotions capables de nous libérer. C’est la définition de la Tragédie – telle que la concevaient les Grecs, avec ses règles, ses codes et sa catharsis. Sara Llorca cherche, de spectacle en spectacle, à explorer les ressorts de notre héritage tragique aujourd’hui, que ce soit à travers des textes classiques ou contemporains. La liberté avec laquelle elle use de cet héritage, l’entrecroise à d’autres styles, d’autres histoires, contemporaines, proches d’un public parfois non initié, cette liberté de jouer avec les règles du théâtre conventionnel stimule et réunit les artistes qui travaillent auprès d’elle.

 

Ses voyages en Andalousie (terre de ses ancêtres), au Liban, au Congo-Brazzaville, à Montréal, ses rencontres et collaborations avec des artistes tels que Dieudonné Niangouna (auteur, metteur en scène), DeLaVallet Bidiefono (chorégraphe), Wajdi Mouawad (auteur, metteur en scène), Elie Youssef (comédien, auteur), Juan Kruz Diaz (chorégraphe), lui permettent d’ouvrir constamment son champ d’inspiration, d’enrichir ses questionnements, d’engager dans ses créations des réflexions autour de la diversité et du dialogue interculturel.

 

 

          [1] André Breton, L’Amour fou, 1938