YALA (CREATION JANVIER 2022)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                         (c) Arnaud Bertereau

 

 

Sur une idée originale de Sara Llorca

 

Avec Sara Llorca, DeLaVallet Bidiefono, Armel Malonga, Benoît Lugué

Texte et Mise en scène Sara Llorca

Chorégraphie DeLaVallet Bidiefono

Musique Benoît Lugué, Armel Malonga

Scénographie et Costumes François Gauthier-Lafaye

Lumières Stéphane Babi Aubert

Son Quentin Fleury

Dramaturgie Tony Abdo-Hanna

Régie générale François Gauthier-Lafaye

 

Production Compagnie du Hasard Objectif
Coproduction MC93 - maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny, La Halle aux grains - scène nationale de Blois, Théâtre de l'Arsenal - Val de Reuil (en cours)

 

RESUME DU PROJET

Après La Terre se révolte, spectacle qu’elle a co-écrit, Sara Llorca, metteuse en scène et comédienne, s’affirme résolument comme auteure. La narration adopte ici une langue poétique, allusive, sensible et drôle. L’objet théâtral est hybride, convoquant danse et musique autour du tourment amoureux. D’Afrique en Flamenco, l’artiste voue cette partition hétérogène à la recherche de l’alchimie du Duende, cet état de grâce artistique théorisé par Federico Garcia Lorca.

 

RESUME DU TEXTE

Dans une contrée non précisée, deux personnages, La Femme Bigarrée, probablement européenne (son chemin a croisé Tarifa), et Le Visiteur, homme africain, décrivent mutuellement leurs façons d’être au monde et vivent un amour sensuel et tumultueux. Ils observent ce qui leur arrive avec légèreté ou violence, autodérision ou véhémence. Leurs échanges suggèrent leur état d’esprit du moment : lucide, ludique, implorant ou désabusé. Deux musiciens forment Le Choeur, réagissant ou portant échos, en musique ou en paroles, aux propos du couple. Finalement les amants constatent la ruine de leur relation et en prennent acte, étourdis, frustrés, mais toujours pugnaces.

 

EXTRAITS 

 

LA FEMME BIGARREE Je lutte. / Je suis lutte. / Je suis la lutte. / Mon corps se tord. / Mon corps se hisse. / Mon corps plie. / Mon corps s'arrondit. / Mon esprit aussi. / Je titube. / Je suis emportée par le poids. / Je fléchis. / J'accuse le coup. / Je manque de tomber. / Je manque de me briser. / J'esquive. / Je me redresse. / Je rends coup pour coup. / Je sens le vide autour. / Je suis seule. / J'entre dans le tourbillon. / Je m'évanouis. / Je me ressaisis. / Je prends peur. / Je crie. / Je glisse à nouveau. / C'est bon. / La lutte est belle. / Je m'étourdis. / Je veux me sauver. / Une partie de moi s'accroche. / Je suis pétrifiée. / Je suis ensorcelée. / Mon corps est malade. / Il résiste au feu. / Il cherche à se rafraîchir. / Il cherche à sortir de là. / Il fait sa bulle. / Il est pathétique. / Il est pathétique ce corps amoureux. / Je le regarde frémir. / Je le regarde.

[...]

LE VISITEUR Mais je ne cède pas. / Je marche sur des œufs. / Tu entends ? / Là, sous mon pied, là, les secousses, là. / Les secousses sont dans mon pied. / Mon pied prend les sons, tous les sons. / Et je marche sur des œufs. / Les tirs à l'autre bout. / Ça gronde dans mon pied. / Je marche. / Mon ventre sait. / Les tremblements, tu sens ? / La main de l'enfant, toute petite main lâchée. / La main cherche la main, dans le vent. / Je l'ai. / Dans mon ventre, je l'ai. / Et la blessure de l'homme, je l'ai. / Dans mon ventre, je l'ai. 

[...]

LA FEMME BIGARREE Tu fais claquer. / Tu claques des doigts. / Tu appelles les esprits, là-haut, tout autour pour qu’ils te regardent. / Ils posent leurs yeux sur toi. / Un instant tout s’arrête. / Tu retiens le souffle. / Il n'y a plus rien. / Tu existes. / Au centre des vies. / Plus de séparation, rien d'autre que toi. / Au centre du grand mouvement. / Rien ne bouge. /  Toi, rien d'autre. / Tu es aveugle. / Tu es sourde. / Tu es là. / Tu espères que le là-haut rejoigne le là-bas, en bas. / On te salue. On te visite. On s'empare de toi. / Rendez-vous chez toi. / Les abîmes avalent la lumière ou l'inverse, aucune importance. / C'est le grand choc, la grande confusion. / Un instant comme à l’heure de la naissance, quand rien n’est tout à fait né ou lorsque ça meurt, va mourir dans un instant mais pas encore, pas tout à fait, tu vois ? / Tu rassembles ce qu’il y a d’éclaté par le temps. / Tu relies dans ton corps le haut et le bas, entre le bout de tes doigts et le dessous de ton pied, entre tes fesses, juste là. / Tu n’es plus rien qu'un trou, un passage, une bouche, conductrice d’électricité. /  Tu es traversée.