La Terre se révolte

Ecrire, maintenant...

Ecrire et mettre en scène,

jouer avec les mots, les corps, les espaces,

prolonger le geste déjà engagé depuis longtemps,

Ecrire et saisir le présent lové au fond du coeur,

préparer le jaillissement réel, 

Ecrire c’est déjà du mouvement.

 

Ecrire sur l’amour, 

Au milieu des terreurs,

Pour tenter quelque chose,

Une étreinte.

 

Sara Llorca

« Le jeune homme est dans le jardin de l'exil et son pays éphémère émerge de lui comme une voix qui proviendrait d'un puits

Le coeur de l’exilé est un trou noir colonisé par les lumières du monde Un vide qui précède l'imminence d'une explosion massive »

Omar Youssef Souleimane, in Loin de Damas

LA TERRE SE REVOLTE (janvier 2020)

Texte Sara Llorca, Omar Youssef Souleimane, Guillaume Clayssen

Mise en scène Sara Llorca 

Dramaturgie Guillaume Clayssen 

 

Avec Lou De Laâge, Elie Youssef, Ingrid Estarque, Tom Pezier, Raymond Hosny, Logann Antuofermo

Et la voix d'Omar Youssef Souleimane, le poète. 

 

Assistante de la metteure en scène Céline Lugué

Scénographie et costume Anne-Sophie Grac 

Musique et création sonore Benoît Lugué

Lumières Camille Mauplot

 

Régie générale François Gautier-Lafaye

Régie son Clément Roussillat

 

Administration et diffusion En Votre Compagnie (Olivier Talpaert, Clémence Faravel, Adeline Bodin)

 

Remerciements Hortense Archambault, Golshifteh Faharani, Louise Danou, Catherine Rétoré, Hala Omran, Leyla Claire Rabih, Catherine Dan, Dieudonné Niangouna, Charles Vitez. 

 

Production Hasard Objectif
Coproduction MC93 - maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny ; Théâtre Gymnase-Bernardines, Marseille ; MC2: Maison de la culture - Scène nationale de Grenoble ; Le Pont des Arts centre culturel de Cesson-Sévigné

 

 

RESUME

Une philosophe française – Lou de Laâge – descendante de migrants espagnols, s’invite chez un poète, réfugié syrien – Elie Youssef. L’étreinte qui s’amorce est celle des questionnements de l’exil, de la guerre et de l’héritage familial. En poésie, non sans humour et par la grâce de la danse, s’esquisse une utopie libératrice.

 

La rencontre de Sara Llorca et d’Omar Youssef Souleimane leur a inspiré la co-écriture de cette fiction, dans leur désir mutuel d’élucider l’étrangeté et la proximité de l’Autre (l’arabe, le musulman, la femme occidentale). Dans leur quête de sens, le couple convoque pour ce conte philosophique très ancré dans les enjeux culturels contemporains, des complices philosophes bienveillants : Descartes et Averroès.

 

 

LIEUX

Une chambre de bonne parisienne,

La maison familiale à Riyad,

Le Camp d'Al-Ramtha,

Un hôtel dans la ville d'Amman (Jordanie),

Un poste de police dans la ville d'Amman (Jordanie),

La chambre d'Omar à Riyad,

La maison familiale à Qtaifa,

Une rue à Damas,

Un jardin de l'Andalousie ancienne.

 

PERSONNAGES

Andréa,

Omar,

La Femme rouge,

Le Père d'Omar,

René Descartes

L'Autre

 

Et aussi :

Un policier jordanien,

Un Syrien,

Ayman,

Un soldat jordanien,

Un commandant jordanien,

Un commandant syrien,

Une manifestante,

Un manifestant,

par OMAR YOUSSEF SOULEIMANE

 

J’ai rencontré Sara LIorca en 2016. L’idée était de créer une pièce de théâtre sur l’exil mais rien n’était clair dans ma tête. Je n’ai jamais fait de théâtre. Sara a proposé qu’on travaille à partir de mon recueil de poésie Loin de Damas (ed. Le Temps des Cerises) pour trouver là une inspiration commune. Des mois de discussions et d’essais ont passé avant que Guillaume Clayssen nous rejoigne. Il a proposé qu’on se recentre sur mon histoire. Dans la même période, mon livre Le Petit terroriste (ed. Flammarion) sortait en librairie, celui où je raconte comment je suis sorti de la Syrie, comment s'est passée mon adolescence en Arabie Saoudite. Nous avons alors décidé de partir de ce récit, d'en proposer une libre adaptation.

Mais la rencontre entre Sara et moi a allumé une partie oubliée de mon enfance ; les longs dialogues avec elle on fait resurgir de lointains et profonds souvenirs. Je me suis interrogé sur l’histoire arabe. J’étais fasciné. Pendant la construction de cette pièce, Guillaume nous guidait vers l’élargissement de cette complicité entre Sara et moi. Sara a du sang espagnol en elle. Il y a une histoire partagée entre nous : celle de l'Andalousie du Moyen-Âge, les arabes y ont vécu pendant des siècles. J’étais flatté de ce voyage au gré de nos rencontres au café, dans un bureau parisien, au théâtre, chez elle ou chez moi. Les échanges avec ces deux personnes m’ont inspiré : Sara et son style pour mettre en scène et pour écrire des dialogues, Guillaume et ses idées philosophiques riches, son esprit critique. Je me suis trouvé dans un monde nouveau, magnifique : le théâtre.

La pièce que nous accueillons aujourd'hui ne met plus seulement en jeu mon histoire personnelle mais la nôtre, au sens large! Je voudrais que cette pièce offre quelque chose: qu’importe d’où nous venons, nos façons étranges d’exprimer les idées il y a toujours une autre réponse que la violence sur la terre. Je connais bien la contradiction, je l'ai souffert à l'intérieur de moi. Je peux témoigner que pendant la guerre, on a aussi vécu des instants de joie, j'ai appris l’humour. La vie m'a sauvé du malheur. L’histoire partagée entre nous tous dans le monde donne des clés qui ouvrent sur un avenir de paix.